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Le Trimix

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La plongée technique au trimix

Discussion entre deux plongeurs l’un au Trimix et l’autre à l’air, après une plongée sur l’hirondelle (épave à 60m dans le lac Léman) :

Plongeur Trimix : « T’a vu la cheminée…, elle est cassée c’est dommage ! »

Plongeur Air : « Ah ! Il y avait une cheminé…? »

Plongeur Trimix : « Au Trimix tu aurais pu mieux profiter de ta plongée !!! »

Plongeur Air : « Ouais et ben ton Trimix machin, c’est cher, c’est compliqué, faut des bouteilles en plus pour la déco, avant de plonger faut planifier, faut se reformer et moi ça me gonfle, je veux respirer que l’air du bon dieu ! »

Plongeur Trimix : « Cela a bien changé, si tu veux on va se bouffer un truc et je t’explique en détail, OK ? »

Plongeur Air : « Au fond pourquoi pas, il y a que les imbéciles qui ne changent pas d’avis !!! »

 

L’idée principale est de remplacer une partie de l’azote par un gaz plus léger, l’hélium (He). Comme il est plus léger que l’azote, il ne provoque pas d’ivresse et se respire à alvéoles déployée. Son principal défaut c’est qu’il est rare donc cher. Du fait de son prix on l’utilisera généralement mélangé avec de l’air et un peu d’oxygène ou de Nitrox, le résultat sera un mélange Trimix O2/He/N2, les pourcentages seront déterminés par le plongeur en fonction de la profondeur prévue.

 

Ses avantages :

Ø  Moins d’ivresse, en fonction du solde de N2 laissé dans le mélange

Ø  Plus léger, plus facile à respirer en profondeur, moins de risque d’essoufflement

Ø  Permet de baisser donc de choisir le % d’O2 en fonction de la profondeur, pour éviter les dangers de l’hyperoxie (toxicité de l’O2)

 

Ses désavantages :

Ø  Prix

Ø  Complique la décompression

Ø  Nécessite d’utiliser plusieurs mélanges (Nitrox) pendant la plongée, sinon la décompression serait trop longue et mauvaise, sauf pour les plongées trimix rec à moins de 50m

Il existe trois types de Trimix utilisé par les plongeurs (non pro) :

Ø  Le Triox : utilisé dans les cours Trimix REC, genre de Nitrox avec de l’hélium, le mélange contient au minimum 21% d’O2, utilisable sans bouteille de palier supplémentaire il ne devra pas être utilisé à plus de 50m.

Ø  Le Trimix normoxique : Formation trimix I, contient minimum 18% d’o2 et est donc respirable jusqu’en surface, utilisable jusqu’à 60m, nécessite une ou deux bouteille de décompression

Ø  Le Trimix hypoxique : Formation trimix II, le mélange contient moins de 18% d’O2, il n’est pas respirable en surface, Il permettra d’évoluer jusqu’à ….. ? En France la législation le limite à 120m, au-delà les problèmes de logistique deviennent trop compliqués à gérer pour le plongeur (froid, quantité de gaz, durée de la plongée)

Cela fait maintenant plus de 10 ans que ce type de formation est proposé aux plongeurs en France et en Suisse, au début par des systèmes de formation spécifiquement tech, comme TDI, puis les autres s’y sont mis, comme la FFESSM et CMAS.CH. A l'époque  le Trimix était réservé au plongeur "Tech" genre d’extra-terrestre lourdement équipé. Il faut dire que fin des années 90, le Trimix était plutôt utilisé pour plonger au-delà de 80m, bi 2x15lt + 2bloc de 10lt le tout en acier évidemment, c’était l’équipement standard pour ce type de plongées. Au niveau des formations il n’y avait qu’un niveau Trimix. En 1999 Sandrine TrimixDepuis le matériel a bien évolué avec les blocs composites CarbonDive en acier et carbone, plus léger et surtout gonflable à 300bar, ou alors les bouteilles en aluminium qui bien que lourdes hors de l’eau sont neutres une fois dans l’eau. Sans parler des recycleurs qui sont désormais incontournable pour les plongeurs trimix profond (> 100m).

Aujourd’hui le Trimix est de plus en plus utilisé pour plonger dans la zone des 60-80m, surtout dans ma région (Suisse romande). Il faut dire qu’il y a plusieurs tendances dans la plongée technique, certain y voie plus une philosophie, un peu sectaire, ils édictent des règles de plongée et d’équipement très stricts, et ils utilisent l’hélium à partir de 30m, chez d’autres on a parfois l’impression que la préparation de la plongée est la fin en soi, et que la plongée sert surtout à valider les 3 jours de préparation préalable.

En Suisse romande la tendance est plutôt à la plongée Trimix utile, le plongeur y mettra juste l’hélium nécessaire pour augmenter sa sécurité lorsqu’il plonge près de ses limites habituelles de profondeur, souvent dans la zone 50-70m, généralement il a suivi une formation Trimix II hypoxique par curiosité mais plonge plutôt en Trimix normoxique. Normalement le plongeur devrait planifier avec précision la plongée prévue, mais de plus en plus, avec la démocratisation des ordinateurs Trimix, on voit apparaître des plongeurs ayant deux ordinateurs Trimix sans tables de plongée. Cela choque sans doute les puristes mais c’est une évolution normale avec le développement de la plongée Tech et du matériel.

Certains mettront un peu plus d’hélium pour pouvoir compléter avec de l’air après la plongée et effectuer une deuxième plongée avec un mélange plus faible en He, style 40% d’He à la première plongée et 20% à la deuxième, par exemple à 60m avec un mélange 18/40 (18% d’O2, 40% d’He, 42% N2) le plongeur ressentira les effets de l’ivresse comme si il plongeait à 27m, avec un 19/20, il aura les mêmes effet que si il plongeait à 44m (toujours pour 60m). De cette façon le prix du gonflage sera

 répartit sur deux plongées. Au niveau prix, un Trimix 18/30 dans un bi 2x10 pour une plongée Trimix normoxique à 60m reviendra dans les FS 40.- à 50.- par contre pour plonger à 100m on prendra plutôt un TX 12/50 avec un bi 2x12 à 250bar le cout sera de FS 120.- à 150.-.

Du fait du prix élevé de l’He les plongeurs Trimix hypoxique passeront généralement au recycleur CCR (circuit fermé électronique) qui à l’énorme avantage de nécessiter 10x moins de gaz pour la même plongée, le prix élevé du recycleur sera amortie après 60 à 100 plongée trimix hypoxique, même en tenant compte des coûts d’utilisation du recycleur. De plus les recycleurs CCR offrent de nombreux autres avantages, air chaud, le mélange s’adaptent automatiquement en fonction de la profondeur (Po2 constante) et surtout l’autonomie. Le principal défaut c’est qu’il permet de repousser encore plus les limites, donc peut-être dangereux pour les plongeurs non raisonnable, et qu’il est plus complexe à utiliser, le plongeur devra accepter de repartir à zéro lors du passage en recycleur et ne pas brûler les étapes au niveau de l’apprentissage. Par contre une fois maîtrisé le recycleur permet une liberté encore plus grande au niveau des profils du fait que le mélange s’adapte à la profondeur, il n’est pas rare de voir des plongeurs descendre le long de la pente à Boudry pour effectuer une plongée Trimix avec un CCR, (bonjour la planification) et remonter le long de cette même pente, de même sur une épave comme le Haven ou la plongée est généralement multiniveau, le plongeur profitera pleinement de la Po2 constante (mélange variable).

A noter qu’en Suisse romande tous les STAFF Trimix CMAS (formateur de moniteur) plongent en recycleur, qu’il existe des formations Trimix spécifique au recycleur et qu’il est possible de suivre les formations Trimix recycleurs directement sans passer par le Trimix circuit ouvert.

Les exemples que j’ai donnés ne respectent pas toujours à la lettre les standards des systèmes formations, ou ce qui est préconisé par les cursus du Tech, en effet, effectuant beaucoup de gonflage Trimix pour les plongeurs, ils sont basés sur la réalité du terrain et sur les informations données par ces mêmes plongeurs. D’ailleurs une certaine adaptation de ces standards sera sans doute nécessaire dans le futur pour mieux être en phase avec la réalité du terrain, mais ça c’est une autre histoire.

Daniel Germanier,

Trimix et CCR Instructeur Trainer TDI, STAFF CMAS.CH

daniel@subsport.ch